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Thiers Adolphe - La monarchie de 1830


Auteur : Thiers Adolphe (Thiers Marie Joseph Louis Adolphe)
Ouvrage : La monarchie de 1830
Année : 1831

Lien de téléchargement : Thiers_Adolphe_-_La_monarchie_de_1830.zip

La monarchie fondée en août 1830 est devenue l'objet des attaques les plus multipliées et les plus violentes. Il fallait s'y attendre. Il n'était pas à espérer qu'en un an elle pût réunir tous les suffrages, dissiper tous les regrets, satisfaire toutes les ambitions. On devait prévoir que cette monarchie, transaction définitive entre tous les systèmes et tous les partis, blesserait les extrêmes en tout genre, les disposerait à se coaliser pour fournir en commun leur part de sophismes et de déclamations. En présence d'attaques renouvelées sous mille formes, les partisans du gouvernement actuel n'éprouveront ni crainte ni fatigue. Leur devoir est de combattre, sans cesse, par la tribune ou par la presse, les erreurs que le dépit des partis essaie de répandre. Leur devoir est de défendre avec persévérance, avec courage un gouvernement qui n'est le résultat ni d'un caprice populaire, ni d'une conspiration de palais, mais de la nécessité seule. La France, en se donnant ce gouvernement, n'a cédé ni à un entraînement révolutionnaire, ni à un engouement pour un homme ou une dynastie, elle a cherché à se sauver. Echappée à Charles X, elle s'est trouvée en présence de l'anarchie : elle s'est arrêtée entre deux abimes. Dans les jours qu'elle a traversés, il n'y avait de possible qu'une monarchie; avec la monarchie, il n y avait de roi possible que Louis-Philippe : maintenant encore, il n'y a rien en deçà, rien au delà, rien que des folies ou des crimes. Chercher aujourd'hui à inspirer à la France des regrets, des dégoûts ou des craintes ; chercher à troubler une résolution qui fut inévitable, qui est devenue irrévocable, n'est pas un acte de bon citoyen. Certes, il n'est pas vrai qu'en juillet 1850 on ait pu faire autre chose que la monarchie; il n'est pas vrai que cette monarchie ait manqué à son principe, à ses promesses, à sa destination; il n'est pas vrai qu'elle ait diminué la considération de la France au dehors; il n'est pas vrai qu'elle n'offre aucune garantie d'ordre, aucune espérance de prospérité: non, tout cela n'est pas vrai. Mais cela serait vrai à un degré quelconque, qu'il serait d'un bon citoyen de ne pas décourager, de ne pas désenchanter l'imagination publique; car en deçà, au delà de ce qui est, il n'y a que des abîmes. En deçà il n'y a que Henri V, appuyé sur une faible minorité; au delà il n'y a que la république, appuyée sur une minorité plus faible encore. Or les minorités ne peuvent pas gouverner un pays, elles ne peuvent que l'ensanglanter. Quelle utilité pourrait-il donc y avoir à dépopulariser la monarchie nouvelle? Au surplus, elle ne demande merci à personne. Elle est forte de son droit, de ses actes, de son immense majorité dans le pays. Elle ne craint aucun parti, aucun complot, aucune intrigue, aucun talent. Il ne lui a manqué jusqu'ici ni des soldats, ni des ministres, ni des orateurs. Des milliers de gardes nationaux se sont levés pour la soutenir; de courageux ministres ont accepté la responsabilité de l'administrer; une foule d'orateurs se sont élancés à la tribune pour plaider sa noble cause. Les écrivains doivent aussi se joindre à ces nombreux défenseurs : le pays doit défendre et consolider son ouvrage par tous les moyens à la fois. Je vais essayer, dans l'écrit qu'on va lire, d'exposer l'origine, le principe, l'esprit, les actes et l'avenir de la monarchie de i83o. Si, dans des temps comme les nôtres, il était permis de s'occuper de soi et d'en parler, je dirais que ce n'est pas pour le bien qu'elle m'a fait que je défends cette monarchie. Je lui dois d'avoir abandonné mes études, perdu mon repos, essuyé de cruelles injustices, échangé une situation tranquille et sûre contre une situation agitée et précaire. Mais est-ce notre bien, notre mal que nous devons considérer? Ceux qu'une révolution a rapprochés du pouvoir ne sont pas plus heureux que ceux qu'elle na éloignés. Eh! qu'importe! on ne doit juger un régime que par le bien ou le mal qu'il fait à son pays. Ace titre, je suis dévoué à la monarchie nouvelle; je la défends comme renfermant la prospérité future de ma patrie. Paris, 20 novembre 1831. ...

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