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Sée Henri - Les origines du capitalisme moderne


Auteur : Sée Henri
Ouvrage : Les origines du capitalisme moderne (Esquisse historique)
Année : 1926

Lien de téléchargement : See_Henri_-_Les_origines_du_capitalisme_moderne.zip

Dans cette esquisse, nous ne nous sommes nullement proposé d'écrire une histoire générale du capitalisme. Nous avons encore bien moins eu le dessein de tenter un essai sociologique. Est-il besoin de dire qu'en aucune façon, ce modeste essai ne peut avoir la prétention de rivaliser avec l’œuvre monumentale du professeur W. Sombart, Der moderne Kapitalismus, qui se recommande par son érudition, si étendue, bien que parfois un peu trouble, et surtout par ses vues si suggestives ? Notre dessein a été simplement de réunir, d'une façon synthétique, un certain nombre de données historiques, vraiment sûres, élaborées surtout en vue des services qu'elles pourraient rendre à la sociologie et à l'économie politique. C'est, en un mot, un essai de synthèse et d'histoire comparée, écrit sans aucun parti-pris politique, ni social. Nous avons tenté de nous rendre compte de la grande évolution économique et sociale, qui a abouti, au XIXe siècle, au triomphe du capitalisme et de la grande industrie. Il importe encore d'indiquer la méthode que nous avons suivie. Si nous nous sommes proposé de fournir quelques matériaux historiques à la sociologie et à l'économie politique, nous nous sommes bien gardé d'emprunter quoi que ce fût aux méthodes de ces deux sciences. La sociologie, en effet, ne tient qu'un compte secondaire de l'espace et du temps ; elle a surtout pour objet de décrire l'organisation des sociétés in abstracto. Or, pour nous, les deux facteurs, temps et espace, sont essentiels, car c'est surtout l'évolution de phénomènes économiques que nous étudions, et dans des régions bien déterminées. L'économie politique se propose d'étudier les lois de la production, de la distribution et de la consommation des richesses, sans tenir un compte trop étroit des « contingences », bien que l'idée d'évolution la pénètre peu à peu et qu'elle ait de plus en plus recours aux données de l'histoire. Or, l'histoire doit s'occuper tout particulièrement de ces contingences. Ce qui ne veut pas dire que nous n'ayons pas tiré grand profit de la fréquentation, des sociologues et des économistes. Ils s'attachent surtout à l'observation de la société contemporaine. Mais l'historien, pour comprendre le passé, a besoin de connaître le présent et de s'en rendre compte. Si nous n'avions pas sous les yeux une société, régie en grande partie par l'organisation capitaliste, l'idée ne nous viendrait pas d'en étudier la genèse. La méthode, qui nous a semblé la plus légitime et la plus fructueuse dans l'ordre d'études que nous avons tentées, c'est la méthode comparative. Comme nous avons voulu étudier les origines du capitalisme, non pas dans un seul pays, mais partout où on peut les saisir, la pratique de l'histoire comparée s'imposait d'autant plus fortement. Nous avons dû y avoir recours dans l'espace, mais aussi dans le temps, car l'accumulation des capitaux,- condition nécessaire du capitalisme -, ne s'est pas produite au Moyen âge de la même façon que dans les temps modernes, et l'organisation capitaliste du Moyen âge, encore sporadique et embryonnaire, est très différente de l'organisation qui prévaudra aux XVIIIe et XIXe siècles. Ce sont principalement ces différences qui nous permettent de saisir le sens de l'évolution et de déterminer le caractère de la société capitaliste moderne. Nous nous sommes toujours appliqué à recourir aux faits concrets. Néanmoins, comme nous avons voulu faire œuvre de synthèse, comme nous avons employé la généralisation, nous n'avons pu, nous le craignons, éviter toute abstraction, puisqu'entre généralisation et abstraction, il existe un lien assez étroit. Un autre inconvénient d'une étude comme celle-ci, c'est que l'on est obligé de reléguer dans l'ombre des faits d'un autre ordre, - politiques, religieux, intellectuels, etc. Or, nous reconnaissons que ces faits peuvent avoir exercé, en bien des cas, une notable influence sur la genèse du capitalisme. Les personnalités aussi passent complètement à l'arrière-plan ; or, n'ont-elles eu aucune influence sur l'évolution des faits économiques que nous étudions ? L’œuvre de Colbert, par exemple, si on en a souvent exagéré l'importance, n'a-t-elle pas contribué à l'évolution du capitalisme, tout au moins en France ? ...

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