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Lecanu Auguste François - Histoire de Satan


Auteur : Lecanu Auguste François
Ouvrage : Histoire de Satan Sa chute, son culte, ses manifestations, ses œuvres, la guerre qu’il a faite à Dieu et aux hommes. Magie, Possessions, Illuminisme, Magnétisme, Esprits frappeurs, Spirites, etc.
Année : 1861

Lien de téléchargement : Lecanu_Auguste_Francois_-_Histoire_de_Satan.zip

INTRODUCTION. En fait de croyances, il faut revenir à celles du xve siècle : nous posons cet aphorisme dès l’abord, afin que ceux qui ne s’y sentiraient pas disposés, ne perdent pas leur temps à nous lire. Et peut-être quelques lecteurs auraient-ils la faiblesse de se laisser convaincre aux preuves qui résulteront de nos récits, ce qu’ils pourraient envisager d’avance comme un malheur. Les choses humaines sont régies par deux puissances surhumaines : le Verbe divin et Satan. Le Verbe divin, puissance créatrice, lumière incréée qui illumine tout homme venant en ce monde ; principe du bien, du beau et du vrai. Satan, prince du mal, des ténèbres et de la destruction. Il ne faut pas les mettre sur la même ligne, car le Verbe est Dieu, et Satan n’est qu’un ange ; mais l’homme ayant donné la préférence à Satan, l’influence de celui-ci serait devenue prédominante, si le Verbe ne s’était fait homme, pour relever la nature humaine de sa dégradation. En naissant parmi les hommes, IL choisit le nom de Jésus, et ce nom exprime son oeuvre en ce monde : Jésus veut dire Sauveur. La Mère qu’il s’était prédestinée, qu’il avait prévenue de ses dons, ornée d’une sainteté exceptionnelle, sut répondre à cet honneur insigne par sa fidélité, un concours spontané, et devint une troisième puissance, d’un ordre également à part : puissance de médiation entre le ciel et la terre, d’intercession auprès de Jésus, de protection contre Satan. Nous avons exposé le second terme de cette trilogie dans l’ Histoire de la Vierge-Mère ; nous donnons aujourd’hui le troisième dans l’ Histoire de Satan. Satan est l’ange révolté contre Dieu ; et pour nous ce mot n’est pas un nom propre, il désigne toute la milice infernale. La tradition de la déchéance de l’ange est la plus universelle et la plus ancienne qui ait jamais eu cours parmi les hommes ; si ancienne, qu’on la trouve au berceau du monde, et si universelle, qu’il n’est aucun point de l’espace ni du temps où il soit possible de signaler son absence. La déchéance de l’ange est un des dogmes les plus en évidence : toute religion et toute philosophie gravitent à l’entour. Si on excepte la philosophie panthéiste, qui en est la négation. Mais nier un phéno-mène n’est pas l’expliquer, et nier l’histoire, n’est pas la supprimer. Que le panthéiste, dans le but d’effacer la notion du mal moral, affirme que le mal physique n’existe pas lui-même ; que la volupté et la douleur sont deux sensations simi-laires, pareilles, indifférentes dans le même individu, qui est Dieu ; l’assassin et l’assassiné, le voleur et le volé, un seul et même être divin sous deux modifications parallèles ; le vice et la vertu, un seul et même terme légèrement modifié pour exprimer une même chose regardée de droite ou de gauche, mais de soi excellente, puisqu’elle est divine; que je suis dieu et qu’il est dieu aussi, le même dieu que moi ; que s’il me soufflette ou si je le soufflette, ce sera une action de dieu envers dieu, il rira le premier d’une doctrine si étrange. Cela se dit, cela s’écrit, cela s’imprime ; mais cela ne se pense pas, et ne saurait se réduire en pratique. Il est beaucoup de péchés que le panthéiste le plus entité, celui qui nie le péché, ne verra jamais de sangfroid. L’introduction du mal physique et du mal moral dans l’univers par l’intermédiaire de l’ange déchu, est un corollaire aussi universel et aussi ancien que le souvenir de la déchéance même et qui en a été déduit ; ou plutôt ce sont deux croyances parallèles et simultanées. Celle-ci est le fond des mythologies grecque et romaine, égyptienne, hindoue et per-sane, de celles des régions glacées du Nord, des zones brûlantes de l’Afrique, des Iles océaniennes et des steppes sauvages de l’Amérique ; le fond de toute religion, puisque toute religion, dès l’origine du monde et depuis, se compose d’expiations, de prières et de sacrifices : proclamant ainsi que les maux physiques ne sont pas de nécessité, puisque l’homme peut les conjurer par un secours surnaturel, et que le mal moral est un accessoire étranger, puisqu’il peut s’en préserver ou s’en purifier. Mais l’ange déchu est-il simplement un être de raison ? La raison éclairée au flambeau de la philosophie peut-elle le considérer comme une réalité ? Elle le peut. Et d’abord en sa qualité d’ange : si nous étudions l’existence à ses divers degrés, depuis l’être matériel et brut jusqu’à l’homme, dans lequel l’intelligence s’unit à la matière organisée, nous comprendrons aisément que la chaîne, pour être complète jusqu’à Dieu, a besoin de quelques anneaux de plus. Pourquoi l’intervalle ne serait-il pas comblé par des hiérarchies de pures intelligences, dont la moindre serait voisine de l’homme et la plus élevée voisine de Dieu ; sauf la distance incommensurable du fini à l’infini, mais avec le rapprochement de la créature au créateur, du serviteur au maître ? Si cet aperçu ne forme pas une démonstration a priori, du moins il satisfait la raison ; l’ensemble des phénomènes du monde créé vient le démontrer a posteriori, et la foi le complète en ajoutant que les hiérarchies célestes se classent par trois fois trois degrés. L’existence des natures angéliques une fois admise, l’introduction accidentelle du mal physique et du mal moral s’explique aisément. En effet, l’individualité, c’est-à-dire la séparation d’un être d’avec tout ce qui n’est pas lui, séparation qui constitue le moi, implique la liberté dans l’être pensant et voulant ; or la liberté est la faculté de choisir entre des actes dissemblables ou opposés. Mais il suffit d’un seul mauvais choix, pour que le désordre soit introduit ; le désordre, s’il a été spontanément choisi, s’appelle le péché ; le péché rend la punition nécessaire ; si la punition est suivie de révolte, au lieu d’être accompagnée de pénitence, le péché et le désordre se perpétuent. Voilà ce que la raison peut apercevoir et comprendre. Or la foi et les traditions du genre humain nous enseignent que l’ange, après avoir été créé de la sorte dans la plénitude de la liberté, choisit spontanément le désordre, s’endurcit dans le mal, se révolta, et fut banni du séjour divin : non tous les anges, mais une partie. Ceux qui sortirent victorieux de cette première épreuve de leur liberté, furent confirmés dans le bien, et jouissent avec Dieu d’un bonheur d’autant plus doux qu’il est leur conquête, l’ayant acquis au prix d’un danger. Ceux, au contraire, qui s’étaient fait les ennemis de Dieu, influencèrent l’homme dans le sens de leur perversité et de leur révolte. L’homme se laissa séduire, et consentit, dans le vain espoir de se grandir, à un essai qui altéra les conditions de sa nature, et l’asservit aux lois de la mort et du péché. Le récit de cet événement est évidemment tronqué dans la Genèse, ou caché sous le voile de l’allégorie ; mais trois points en ressortent avec une clarté parfaite : 1° l’homme accomplit un acte de foi envers Satan et accepta sa tutelle ; 2ůn acte de renoncement et de désobéissance formelle à son créateur ; 3° il se trouva transformé, ou physiquement ou moralement, soit par l’effet de l’acte qu’il venait d’accomplir, soit par une punition divine, en un état qu’il ne connaissait pas auparavant, et qui provoqua pour premier mouvement sa surprise et sa honte. L’excitation à la révolte partit de celui-là même qui le premier était sorti de l’ordre ; cette conséquence est dans la logique des faits. Il n’y a aucune raison de nier les rapports qui peuvent exister entre les purs esprits et les esprits incarnés. Si l’homme exerce une action sur les différents règnes qui lui sont inférieurs dans cet univers visible, pourquoi serait-il soustrait à l’influence des êtres que leur nature élève au-dessus de la sienne ? En introduisant au sein de la création terrestre le mal individualisé dans sa personne, Satan prit pied dans l’humanité ; et quand nous disons Satan, qu’on ne l’oublie pas, ce terme désigne la classe entière des esprits rebelles aussi bien que le chef de leur rébellion. En effet, l’Écriture insinue que cette multitude d’anges déchus se partage en catégories sous le gouvernement d’un seul chef : et tel est le règne du mal, en toutes choses opposé au règne du bien. L’intervention perpétuelle de Satan, dans les événements généraux et particuliers de ce monde, imprime la marche ou la déviation à presque toutes les choses humaines. Chacun s’aperçoit que l’histoire est à refaire depuis le premier chapitre : c’est que les historiens ont toujours trop négligé cet élément important. Satan est une puissance ostensible et fugace, vantarde et railleuse, redoutable et sans consistance, cruelle et insaisissable. Satan se déguise, pour séduire ; promet, pour tromper ; se dissimule, pour égarer ; s’arme de fureur, pour torturer sa proie. Avec le perfide, il y a toujours un côté pour l’affirmation, un côté pour la négation, et il fait son profit de l’une comme de l’autre. Dans l’ordre de la Providence, Satan est le feu dont se sert le souverain Maître pour éprouver, purifier, consumer, détruire, renouveler, produire l’agitation au moyen de laquelle il mène lui-même le monde à ses destinées. Élément terrible dont la nature est de détruire, mais dont une main habile sait modérer, diriger, utiliser la puissance. C’est ainsi, sous ce rapport et dans cette limite, que l’Évangile appelle Satan le prince de ce monde. Mais ce prince ennemi, dans l’exercice même de sa haine, est encore le serviteur de Dieu ; il ne peut se soustraire à une telle condition. Par rapport à l’homme, Satan est toujours le tentateur qui lui dit : Mange de ce fruit, tu seras heureux et tu ne mourras pas. Ne pouvant suivre l’astucieux serpent dans toutes ses voies, multiples, sinueuses et cachées, nous le signalerons au moins, lorsqu’il se découvrira. Nous montrerons sa présence, toutes les fois que nous apercevrons son action immédiate et directe, et il faudra bien que ceux qui s’obstinent à le nier le voient à pleins yeux. Tel est le cadre restreint dans lequel nous circonscrivons ce travail, et nous entrons de plain-pied dans notre sujet. ...

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