Auteur : Markale Jean
Ouvrage : L'épopée des Gaulois Les grandes légendes de l'histoire de France
Année : 2000

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Introduction. À la recherche d’une épopée perdue. Des générations de petits Français, quelle que fût la couleur de leur peau, ont appris sur les bancs de l’école que leurs ancêtres les Gaulois étaient des grands blonds, braves mais peu civilisés, qui habitaient des huttes rondes au milieu des bois. Ce « cliché » a longtemps hanté nos mémoires. Mais qu’en est-il en réalité ? Cette question, les rédacteurs des manuels scolaires inspirés par Ernest Lavisse ne se la posaient certes pas. Il fallait essentiellement trouver aux Français des ancêtres et rassembler autour de quelques noms et de quelques faits, réels ou imaginaires, les constituants d’une nation républicaine, dans le cadre de valeurs traditionnelles, d’ailleurs héritées des celtomanes romantiques du XIXe siècle et des historiens et archéologues illuminés qui avaient fait leurs classes sous le Second Empire, autour de Napoléon III, dans le but non avoué de justifier la prise de pouvoir quelque peu discutable d’un authentique usurpateur. On ne bâtit pas un empire sur du vide, pas plus qu’une maison sans des assises solides. On ne bâtit pas non plus une France républicaine, plongée dans l’amertume de la défaite de 1870, sans recourir à des thèmes patriotiques et en fait nationalistes, qui exaltaient le civisme, et des institutions considérées comme sacrées (bien que laïques). Les monarchistes se référaient plutôt à un modèle « franc », donc germanique. Les bonapartistes hésitaient entre une réminiscence nostalgique de l’Empire romain et l’idéologie véhiculée par une vague tradition gauloise. Il était donc nécessaire de trancher et de découvrir des racines qui pouvaient justifier la naissance d’une nation moderne, forte et équilibrée malgré les spécificités régionales qui pourtant la constituaient en profondeur. C’est d’ailleurs dans ce but que la Troisième République a développé un enseignement unitaire et obligatoire, privilégiant la langue française et tentant d’écarter, par l’intimidation et parfois par la violence, les moindres vestiges des langues vernaculaires (dialectes romans divers, tels l’occitan et le catalan, ainsi que l’alsacien, le basque, le breton, et le flamand) perçues comme des entraves à l’unification d’un état-nation. ...