Auteur : Pégorier André
Ouvrage : Les noms de lieu de la France Glossaire de termes dialectaux
Année : 2006

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Introduction. Si la France ne possède qu'une langue officielle, le français, parlé et enseigné sur tout le territoire, sa toponymie est le reflet d'une histoire riche en apports successifs qui ont chacun contribué à lui donner un aspect très varié suivant la région considérée. La consultation d'un cadastre, d'une carte, d'un guide touristique ou plus simplement d'un panneau indicateur place l'utilisateur en présence de nombreux noms de lieux dont la signification lui échappe, et dont peut-être même ne soupçonne-t-il pas qu'ils puissent en avoir une. Or si un toponyme doit permettre d'identifier très précisément un détail géographique localisé, il n'a pas été attribué par l'homme de façon arbitraire, mais dans un souci de description du paysage et d'évocation des activités que les habitants y exerçaient. La connaissance des langues régionales est bien la clé de la compréhension des toponymes, qu'ils se présentent sous la forme d'un terme unique, comme le Sahuc (sureau, Gascogne), le Cayre (rocher, Provence), ou composés de plusieurs mots, comme Cap du Bosc (bout du bois, Gascogne), Riou Bourdous (ruisseau boueux, Provence), Pra des Mians (pré mitoyen, Hautes-Alpes). Comment en effet comprendre Font Vieille, Pech Redon, Pointe du Raz, si l'on ignore que "font" et "pech" désignent respectivement une source et un sommet, ici "arrondi", en occitan, et que "raz" désigne dans le Finistère un détroit avec un rapide courant ? Et l'on pourrait encore citer des toponymes aussi différents que Casa Mozza (maison démolie, Corse), Etchegaray (maison haute, Pays Basque), Frohnhof (ferme du seigneur, Alsace), Steenbecque (ruisseau de la pierre, Flandre), Feixa Llarga (grande terrasse, Pays Catalan). Cette double fonction du toponyme - désigner un lieu et en décrire la nature -n'est qu'imparfaitement accomplie lorsque ce toponyme n'est plus ressenti que comme un nom propre, c'est-à-dire sans signification particulière. Intervient alors le risque d'altération du toponyme, déformé par une transcription erronée, une adaptation phonétique, voire une francisation abusive. De nombreux exemples de ces transformations regrettables figurent malheureusement sur des documents cartographiques anciens, et ils n'ont pas manqué d'attirer l'attention aussi bien des spécialistes que des usagers locaux. L'IGN a estimé qu'il y avait donc un très grand intérêt à établir un fichier de termes dialectaux attestés en toponymie ou susceptibles d'y être rencontrés ; cet ouvrage devait constituer l'outil indispensable des topographes opérant sur le terrain, en leur permettant de mieux comprendre le sens oublié de toponymes pourtant demeurés dans l'usage. ...