
Auteur : Schuré Edouard
Ouvrage : Le mystère de l'Inde
Année : 1911
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Le Monde Védique Et Brahmanique. L’Inde est par excellence la terre des mystères et des traditions occultes, parce qu’elle est la plus vieille du monde et la plus lourde d’histoire. Nulle part plus d’humanité ne s’est entassée sur plus de nature. Là les montagnes énormes ont surgi derrière les montagnes, les espèces ont grouillé sur les espèces et les races humaines ont roulé les unes sur les autres comme le limon des fleuves. Le Djampoudvipa, la terre hérissée de monts (c’est ainsi que Valmiki, l’Homère de l’Inde, appelle sa patrie) a vu évoluer les êtres vivant depuis les sauriens et les serpents monstres de la Lémurie jusqu’aux plus beaux exemplaires de la race aryenne, les héros du Ramayana, au teint clair et aux yeux de lotus. L’Inde a vu toute l’échelle des types humains, depuis les descendants des premières races, retombés dans un état voisin de l’animalité jusqu’aux sages solitaires de l’Himalaya et au parfait Bouddha, Çakia-Mouni. Et de tout ce qui a pullulé pendant d’innombrables années, au soleil des tropiques sur ce sol fécond, elle a conservé quelque chose. Monuments grandioses, animaux rares, types d’humanités disparues, souvenirs d’époques immémoriales qui flottent encore dans l’air chargé de parfums et dans les vieilles prières. Des temps antédiluviens, elle garde le majestueux et sage éléphant, le boa dévorateur et des armées de singes folâtres. Des temps védiques, il lui reste le culte des éléments et des ancêtres. Malgré l’invasion musulmane et la conquête anglaise, la civilisation brahmanique y règne toujours en maîtresse, avec ses milliers de divinités, ses vaches sacrées et ses fakirs, ses temples creusés au coeur des montagnes et ses pagodes monstrueuses dressées au-dessus des forêts et des plaines, pyramides de dieux superposés. On rencontre là les plus violents contrastes sans que personne s’en offusque. Le plus grossier fétichisme y vit en paix avec la philosophie la plus raffinée. À coté du mysticisme et du pessimisme transcendants, les religions primitives y célèbrent encore leurs cultes émouvants. Les voyageurs qui ont assisté à la fête printanière de Siva, à Bénarès, l’ont constaté. Ils ont vu, non sans étonnement, tout un peuple, brahmanes et maharajas, princes et mendiants, sages et fakirs, jeunes hommes demi-nus et femmes d’une beauté merveilleuse, enfants graves et vieillards chancelants sortir comme une marée humaine des palais et des temples qui bordent la rive gauche du Gange sur un parcours de deux lieues. Ils ont vu cette foule, ruisselante de soies somptueuses et de haillons sordides, descendre les escaliers gigantesques, pour laver ses péchés dans les eaux purifiantes du fleuve sacré et saluer de ses cris enthousiastes accompagnés d’une avalanche de fleurs l’Aurore indienne, l’Aurore au front de rose et au coeur d’ambre, - qui précède le soleil fulgurant. Ceux-là ont pu se donner la sensation submergeante du culte védique encore vivant au coeur de l’Inde et des grandes émotions religieuses aux premiers jours de l’humanité aryenne. D’autres voyageurs, poussés par une sorte de piété ancestrale et par la soif des origines, ont pénétré jusqu’aux sources du Gange. Ceux-ci ont goûté une sensation plus rare encore et plus aiguë. Car ils ont entendu les chants sacrés retentir dans la bouche des pèlerins, au point du jour, au bruit des eaux qui fluent des neiges éternelles et aux premières lueurs de l’aube dans le pur éther des cimes himalayennes. ...
Valois Georges - La Révolution nationale
Auteur : Valois Georges Ouvrage : La Révolution nationale Année : 1924 Lien de téléchargement :...

